Bureau-salon, Zoom, Google Meet, Skype, Teams, after works en ligne… le télétravail séduit la France entière. Pour s’adapter à la récente crise sanitaire, les sociétés du territoire ont dû revoir leur organisation et, avant tout, leurs déplacements.

Un boom du télétravail

Encore en décembre dernier, le Ministère du Travail recensait 7% de salariés français en télétravail de manière contractuelle. Selon une étude de Malakoff Médéric, cela représenterait cependant officieusement 25%. Explicable notamment par les précédentes grèves contre la réforme des retraites.
Cependant, depuis la récente crise sanitaire du Coronavirus et l’instauration du confinement, le télétravail a connu un véritable bond. Selon une étude d’avril 2020 de l’Association Nationale des DRH, ce chiffre s’élève, à la fin du mois d’avril, à 40% des actifs.

Plus d’autonomie et de flexibilité

Selon une étude de Malakoff Humanis du 6 mai 2020, réalisée sur un échantillon de 10 000 personnes, les salariés sont nombreux à y trouver leur compte. Le télétravail semble effectivement donner plus de liberté et d’autonomie aux salariés. Ce qui peut notamment s’expliquer par le fait de ne plus devoir respecter des horaires de présence fixes, de ne plus s’organiser en fonction des transports et d’ainsi voir émerger un plus grand sentiment de liberté. Il n’est donc pas étonnant de constater que 71% des interrogés déclarent apprécier la souplesse et la flexibilité du télétravail. 

Avec ce temps optimisé, on peut par exemple en déduire que chacun peut se dédier à plus de tâches personnelles ou même aller jusqu’à se motiver et s’investir au point de prolonger plus souvent ses horaires de travail. Ce qui peut, éventuellement, à terme améliorer la qualité de vie et la productivité des télétravailleurs.

Des difficultés à l’adopter

Cependant, là où certains semblent y trouver leur compte, d’autres se retrouvent précipités hors de leur zone de confort. Par exemple, le télétravail, parfois vu comme une opportunité de mieux gérer sa vie de famille, peut faire aussi peser une charge mentale plus importante sur les parents qui ne réussissent pas à séparer vie de famille et travail. Une information essentielle à prendre en compte lorsque l’étude de Malakoff Humanis nous montre que 46% des sondés ont au moins un enfant et 47% d’entre eux admettent avoir des difficultés à assurer le travail à distance tout en devant s’occuper de leurs enfants, ce qui serait principalement lié au confinement. Selon cette même étude, c’est aussi 45% des télétravailleurs qui déclarent avoir du mal à se déconnecter du travail, et 28% qui vivent des tensions avec leur entourage familial. 

De plus, certains redoutent un abus de la part de leur manager qui pourrait en profiter pour ne pas respecter leurs horaires à cause de cette nouvelle « flexibilité ». Créant ainsi un stress non négligeable. 

Malgré tout, selon l’étude de Malakoff Humanis, depuis le début du confinement et jusqu’à la fin du mois d’avril, seulement 30% des sondés déclarent que leur santé psychologique s’est détériorée et 25% également leur santé physique. Même s’il est essentiel de réduire les conséquences négatives du télétravail, ces chiffres restent encourageants. En effet, dans la mesure où ce sondage a été réalisé dans un contexte de crise exceptionnel, diminuant ainsi les liens sociaux extérieurs mais augmentant ceux de la famille, on ne peut qu’espérer une amélioration du ressenti global dans un contexte « normal ». 

Pour aller dans ce sens, dans une étude de 2018 de l’OBERGO (Observatoire du télétravail, des conditions de travail et de l’Ergostressie), pas moins de 95% des télétravailleurs interrogés déclarent que le télétravail est favorable à une meilleure qualité de vie personnelle (travail et hors travail) et 86% affirment qu’il est favorable à la productivité.

Les français veulent adopter le télétravail sur le long terme

Pendant le confinement, selon l’étude de Malakoff Humanis, ce sont 73% des salariés qui souhaiteraient continuer à exercer en télétravail, dont 88% pour les habitués et 58% pour les nouveaux.  Parmi eux, 32% l’envisagent de manière régulière et 41% ponctuellement. 

Pour continuer sur cette lancée, le délégué de l’Association National et directeur des ressources humaines (ANDRH), Benoît Serre, a d’ailleurs déclaré le 8 mai, que « le télétravail va rester la règle » dans les grandes entreprises après le 11 mai. 

L’urgence actuelle n’a pas permis aux entreprises de répondre à tous les besoins des télétravailleurs mais, si cette pratique se démocratise, nous pourrons sûrement espérer une amélioration de sa mise en place et de son organisation.

Un géant du web déjà séduit

Le fondateur de Facebook, Mark Zuckerberg a annoncé lors d’une interview du 28 mai sur la chaîne américaine CNBC, que d’ici 5 à 10 ans “environ 50% des employés pourraient être en télétravail”. Il s’est aussi positionné en tant que leader dans une conférence destinée à ses employés le 21 mai, en affirmant que le réseau social sera « l’entreprise la plus en avance du monde sur le télétravail ». 

Il en a d’ailleurs profité pour soutenir la cause environnementale en déclarant “je préfère que nos employés se téléportent par vidéo ou réalité virtuelle plutôt qu’ils soient coincés dans les embouteillages à polluer l’environnement”. 

Dans le milieu laboral actuel, auquel il est souvent reproché d’être trop hiérarchisé, concurrentiel et matérialiste, le télétravail contribuera-t-il à accentuer cet éloignement social ou sera-t-il ironiquement la solution pour nous rapprocher ?